La page est vierge sous les doigts
Lourd le stylo
Muet le chant.
Le poète sanglote à chaque mot perdu
La violence a vaincu ses images.
Le printemps peut bien éclater de bourgeons
Le ciel s'enivrer de soleil et la rivière scintiller.
Rien ne peut effacer la blessure,
tranchée béante dans le temps.
Les coteaux écarlates saignent du sang des hommes
et la cascade gronde
l'absence d'espérance.
Faut-il Vivre pour voir
la source se tarir,
la terre se gorger d'amertume et de haine.
Faut-il Vivre pour voir
nos sanctuaires abîmés,
la sève empoisonnée,
la douceur écartée ?
Quelle Parole encore
pourra réconcilier
l'homme
avec le chant qu'il a tué ?
Thèrèse JACOPS