L'inaccessible paix, là-bas, sur l'autre rive,
A le regard si pur d'une Vierge à l'enfant
Qui sait bien que la mort, la douleur et le sang
Sont l'obole à payer pour que son règne arrive.
La Douce au teint d'aurore, aux cheveux de velours,
Qu'on provoque à plaisir et qu'on viole sans cesse,
A pourtant dans les mains la plus belle promesse
Celle de vivre libre un immortel amour.
Si le serpent maudit s'attaque à la colombe,
Il reste du soleil pour lui brûler les yeux,
De l'azur déployé par les anges des cieux
Pour ceindre le vainqueur qui creusera sa tombe.
Et reviendra la Belle avec son rêve en fleurs
Pour planter l'olivier sur le seuil de nos portes
Et pour poser sans bruit, loin des blessures mortes,
Sa parole en notre âme et sa main sur nos coeurs.
Marie - France CUNIN