Exsangue le chevreuil va cacher sous l'andain
Sa mortelle blessure, et la biche gracile,
En des bois rocailleux où frissonne la scille,
Court éponger sa plaie à celle du rondin.
Le renard, esquivant le tempo du gourdin,
Succombe face aux crocs du dogue trop docile
Le mal aimé le sait, vivre n'est pas facile,
La meute craint le loup sans épargner le daim
Naguère d'un chasseur je fus aussi la proie;
J'ai voulu fuir en vain le destin qui me broie,
Sur les rives de l'aube éternel vagabond!
Un dieu m'a foudroyé d'une flèche au curare
Et magnanime offrit à mon coeur moribond
Dans l'ombre de la mort cette urne de carrare !
Denise DUONG