Il existe un refuge, en la trop grande ville,
Où mes pas fatigués me conduisent parfois :
Point de fourrure à terre et point de feu de bois,
Mais une paix si douce à mon âme fébrile.
Les murs sont les gardiens d'un désordre tranquille,
Des notes de musique escaladent les toits ...
Je viens échouer là, frémissante et sans voix,
Comme le naufragé sur la plage d'une île.
Celui qui me reçoit cultive dans son cur
Le rêve et la tendresse ; il récolte en primeur
La force de l'espoir et le bonheur de vivre
Pour monter un spectacle où la raison se perd,
Où les acteurs sont nus entre soleil et givre,
Où les chants des oiseaux s'entendent en hiver.
Nadine Najman