F. SERIEYS
À la
limite du visible et de l'invisible, j'élabore
dune façon fantomatique une construction
imaginaire,
J'ébauche la forme, je cherche les mots, je trace
le signe d'une inscription fragile. J'évente la
mémoire dans la nuit noire sans carte et sans
boussole je traverse, je perce et je trace le sillon, je
démêle, je rectifie, j'extrais de la
matière de petits bouts de temps. Je voudrais
remonter à l'enfance, celle qui remonte à
plusieurs milliards dannées, celle qui nous
dépasse et nous constitue. Je voudrais dire
létat sauvage, brut et violent le premier
souvenir. Un jour je
saurai le sens caché. Un jour, je saurai la
texture, l'agencement, la trame obscure du tout. Un jour,
je saurai le pourquoi aveugle du comment. Un jour, je
saurai le dedans du partout et le futur antérieur
du passé. Ces images sont
la matière mentale de ma digestion de l'espace. Je
voudrais fixer la texture du temps espace. et je sais le
plaisir sans équivoque, vertigineux de laisser des
traces. Les images
cachent des images, demain encore d'autres formes
naîtront. F.SERIEYS
Écrits
"Autant
d'images brouillées, confondues autant de traces
sur le papier."

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